Um … about that American Libraries article we wrote

Un article soumis à « American Libraries » qui a fait l’objet d’une adaptation de contenu (ajout d’une citation d’un responsable de Gale/Cengage) avant publication, sans que les auteurs n’en aient été avertis… Pas très correct, tout cela… :-/

Stewart Varner

As a professional rule, I try to keep things positive. I like to be a cheerleader for all the great people out there and avoid boosting the signal on a bunch of negativity.

However, situations compel me to devote this one post to something totally crappy.

TL;DR: Patricia Hswe and I wrote an article for American Libraries and the editors added some quotes from a vendor talking about their products without telling us. We asked them to fix it and they said no.

Because American Libraries refused to clarify what happened, we decided to clarify it ourselves. What follows is our second (and hopefully happier) attempt at collaborative writing. This little blog does not have quite the reach of that big glossy magazine so please feel free to share as widely as you want. As always, let me know if you have any questions!

svarner@email.unc.edu  ||  @stewartvarner

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If you are a member of…

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Daniel Bourrion vs David Tempest : 1-0

Ce 6 février dernier, Daniel Bourrion (BU Angers) a diffusé un communiqué du consortium Couperin annonçant qu’un accord avait enfin été conclu avec Elsevier concernant l’abonnement à la Freedom Collection en licence nationale.

Présenté comme équilibré et financièrement intéressant, les « acquis de ce contrat sont uniques et propres au marché français ». Couvrant bien plus d’établissements supérieurs que le contrat précédent, ce nouvel accord, d’une durée de 5 ans (2014-2018), se distingue également par le fait qu’il porte « désormais en un abonnement à une base de données avec acquisition des contenus, il ne s’agit plus d’un abonnement à une liste de titres avec un ensemble de surcoûts pour l’accès à la collection complète ». En d’autres termes, le modèle économique s’affranchit d’une tarification basée sur les abonnements papiers, finie donc la distinction habituelle holdings – efees. Il n’y a plus de distinction entre les titres souscrits et non souscrits.

Sur le plan financier, on notera que les coûts totaux des trois premières années du contrat sont inférieurs au coût 2013 !

tarif

On en restera là sur les termes de l’accord, très instructif s’il en est pour les autres clients Elsevier ne faisant pas partie de Couperin !

Le communiqué de Couperin ne comportant aucune mention de confidentialité, quoi de plus normal que de le diffuser ? Qu’il y a-t-il de moins communicable qu’un communiqué ? Le communiqué est alors chargé sur un site personnel, un tweet est envoyé, retweeté et suscite des réactions.

Tweet Daniel Couperin

Le lendemain, coup de théâtre et… coup de téléphone officiel à la hiérarchie de Daniel Bourrion afin que celui-ci retire le communiqué en question de son site. Argument massue : le sacro-saint devoir de réserve. Daniel s’exécute, à son corps défendant. Un (sublime) billet publié quelques jours plus tard résume bien l’état d’esprit du collègue : « Le communiqué qu’il ne faut pas lire… »

Pour commencer, cette confidentialité est choquante parce qu’elle prive les citoyens d’information sur les conditions (tarifs mais pas que […]) auxquelles nous nous livrons pieds et souris liés à un éditeur privé qui a depuis longtemps perdu toute visée académique en devenant une entreprise cotée en bourse, dégageant de très confortables bénéfices en pillant l’argent public, et qui a tout intérêt à ce que ces choses restent confidentielles jusqu’à ce que le piège se referme pour cinq nouvelles années fermes (moins les chercheurs en savent, moins ils se disent que peut-être, les archives ouvertes seraient par exemple un moyen de cesser d’être tondus, financièrement et intellectuellement, par ce genre d’éditeurs). En l’espèce ici, la question de « à qui profite le crime » (de la confidentialité) me semble se poser, et je gage que vous trouverez la réponse seuls.

Et puis, cette méthode (l’ordre de retrait arrivé des hautes sphères qui vous tombe dessus par le biais de la hiérarchie, assorti du bon vieux coup du devoir de réserve) me dérange profondément, en tant que professionnel. Parce que pour moi, mon métier se résume en deux règles très simples dont j’imaginais qu’elles étaient celles de tout bibliothécaire :

  • diffuser au maximum et sur tout support existant toute l’information disponible sous réserve qu’elle ne nuise pas à la dignité humaine ;
  • organiser cette information pour que tous les citoyens puissent s’y retrouver (à tous les sens du terme) ;

En me demandant de retirer ce communiqué (sacré paradoxe, un communiqué que personne ne doit voir…), c’est ma première règle professionnelle qui a été mise à mal. De l’intérieur. Et ça, c’est vraiment une grosse, très grosse couleuvre que j’ai en travers de la gorge.

En supprimant ce document, en l’enlevant à la vue de mes collègues et autres citoyens lambda, au garde-à-vous devant mon écran, j’ai repensé à une phrase que répétait souvent mon père : « Réfléchir, c’est déjà désobéir ».

Devoir de réserve et confidentialité… La belle affaire !

Un devoir de réserve vis-à-vis d’un document ne présentant aucun caractère confidentiel et concernant un accord entre un consortium d’enseignement supérieur (fonds publics) avec une société commerciale dont le chiffre d’affaires du premier trimestre 2013 est de 3.570 millions d’euros ?

Un devoir de réserve vis-à-vis d’un accord avec un éditeur qui, jusqu’en 2007, investissait dans la vente et la démonstration d’armes ? Elsevier lâcha ce fond de commerce sous la pression des clients, actionnaires et universitaires (lire à ce propos l’excellent article Reed-Elsevier’s hypocrisy in selling arms and health). Six ans plus tard, en octobre 2013, Elsevier publie d’ailleurs dans une de ses revues, The American Journal of Medicine, une étude selon laquelle les pays où il y a le moins d’armes en circulation sont plus sûrs que ceux où il y en a plus (Bangalore, S., & Messerli, F. H. (2013). Gun ownership and firearm-related deaths. American Journal of Medicine, 126(10), 873-876. doi:10.1016/j.amjmed.2013.04.012).

Un devoir de réserve vis-à-vis d’un éditeur qui fait retirer un article scientifique de ses propres revues parce que les résultats déplaisent à Monsanto ?

Un devoir de réserve vis-à-vis d’un éditeur qui cherche à contrôler les projets de data mining ?

Un devoir de réserve vis-à-vis d’un éditeur qui annonce tout de go que la confidentialité des négociations est nécessaire à son business modèle, sinon… les prix risqueraient de baisser (sic !). On s’en doutait un peu, mais de là à oser le dire devant des bibliothécaires et des chercheurs… C’est pourtant ce que David Tempest, Deputy Director of Universal Sustainable Research Access chez Elsevier, expliqua clairement lors d’une table ronde organisée à l’Université d’Oxford en avril 2013.

Transcription :
Personne du public: I’m glad David Tempest is so interested in librarians being able to make costs transparent to their users, because at my university, Imperial College, my chief librarian cannot tell me how much she pays for Elsevier journals because she’s bound by a confidentiality clause. Would you like to address that?
[Applaudissements du public]
David Tempest: Well, indeed there are confidentiality clauses inherent in the system, in our Freedom Collections. The Freedom Collections do give a lot of choice and there is a lot of discount in there to the librarians. And the use, and the cost per use has been dropping dramatically, year on year. And so we have to ensure that, in order to have fair competition between different countries, that we have this level of confidentiality to make that work. Otherwise everybody would drive down, drive down, drive drive drive, and that would mean that…
Source : Elsevier’s David Tempest explains subscription-contract confidentiality clauses

Le reste de la réponse est inaudible en raison des rires de l’assemblée…

Un devoir de réserve, ça ne doit donc pas aussi se mériter ?

Si Daniel, lui, a été vivement invité à retirer le communiqué de son site, au moins, contrairement à David Tempest, personne ne lui a ri au nez à lui… Merci, Daniel, allez, ça va d’aller ! 😉 Tu restes le vainqueur moral de cette affaire !

Note : Le pdf du communiqué Couperin reste téléchargeable ici. Travaillant actuellement pour un autre consortium, je me fais quelque peu violence pour ne pas le diffuser via le blog, du moins pour l’instant.

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Note du 21 février 2014 :

Autres billets liés :

Les droits d’auteur dans les bibliothèques : séminaire du 23 novembre 2010

C’est un truisme que d’affirmer que depuis quelques années déjà, les technologies de l’information et de la communication ont bouleversé le rôle et les services offerts par les bibliothèques. Que ce soit dans le cadre de la pratique documentaire quotidienne ou à l’occasion de projets spécifiques, la conservation et la diffusion de l’information scientifique suscitent aujourd’hui de nombreuses questions d’ordre juridique concernant la propriété intellectuelle. Et malgré la volonté des bibliothécaires de vouloir bien faire, il ne leur est pas toujours facile d’y voir clair en matière de respect de la loi…

C’est la raison pour laquelle, en Belgique, la Commission Bibliothèques du Conseil Interuniversitaire de la Communauté française (CIUF) a décidé d’organiser ce 23 novembre 2010 à l’Université Libre de Bruxelles un séminaire sur les aspects de droit d’auteur liés au fonctionnement des bibliothèques.

L’objectif général de ce séminaire est de présenter la loi sur le droit d’auteur de manière générale et d’ensuite examiner les cas pratiques auxquels les bibliothécaires sont confrontés et qui suscitent des questions en la matière:

  • conservation numérique,
  • Creative Commons,
  • prêt interbibliothèques,
  • fourniture électronique de documents,
  • numérisation et accessibilité en ligne de fonds documentaires,
  • dépôts institutionnels,
  • droits de reprographie,
  • etc.

Le séminaire est destiné en priorité au personnel des bibliothèques universitaires membres de la Commission Bibliothèque du CIUF. En fonction des places disponibles d’autres personnes pourront également participer (étudiants et membres académiques et scientifiques des filières en Sciences et technologies de l’information et de la communication (des universités de la Communauté française de Belgique, professionnels des bibliothèques des hautes écoles de la Communauté française, enseignants dans les hautes écoles de bibliothécaires de la Communauté française). Pour ceux-ci, des droits d’inscription seront exigés.

Intervenants :

  • François Dubuisson, directeur du Centre de droit de l’information et de la communication, Université Libre de Bruxelles (ULB),
  • Françoise Havelange, maître de conférence aux Facultés Universitaires Notre Dame de la Paix à Namur (FUNDP) et responsable de la Cellule Juridique de l’Administration de la Recherche des FUNDP,
  • Laurence Thys, juriste, attachée à la Direction générale du Réseau des Bibliothèques de l’Université de Liège (ULg), assistante à la Bibliothèque de droit, d’Économie, de Gestion et de Sciences sociales Léon Graulich de l’ULg,
  • Julien Van Borm, bibliothécaire en chef honoraire de l’Université d’Anvers (UA),
  • Françoise Vandooren, attachée à la Direction des Archives & Bibliothèques, Université Libre de Bruxelles (ULB).

Renseignements, inscriptions et programme complet :

http://www.ciuf.be/cms/23-11-2010-seminaire-droits-dauteur.html

McDonald’s & les bibliothèques : I’m vomitin’ it

Voilà bien une surprenante nouvelle! La Detroit Public Library (DPL) et McDonald’s ont annoncé la semaine passée un partenariat dont l’objectif avoué est d’inciter les enfants à lire plus.

Que voilà un noble sentiment ! Du social à 100% et aucune arrière-pensée mercantile, pour sûr !  Melvin Jones, directeur de deux restaurants McDonald’s, a même des mots qui feraient presque passer Mère Teresa pour une vile opportuniste :

Reading is very important. Reading is fundamental to life. As we all say, the more you know, the further you go. We want our kids to understand that if they read, they will be successful. They will be successful in their careers. We’re just trying to show our kids how important reading is.

Et il en remet une couche :

Nowadays, it’s crucial for kids to understand that reading provides the key to a better life. Our goal is to show them that besides being important to their education, reading can be a whole lot of fun.

Il n’y a pas à dire : tant d’abnégation force le respect ! Mais de quoi s’agit-il au juste? Le programme Livres et sacs à dos (Books and Backpacks) est prévu jusque fin 2010 et propose différents incitants afin que les enfants empruntent plus de livres à la  bibliothèque publique principale de Detroit ou dans l’une de ses 23 succursales. Les enfants sont invité à prendre un marque-page McDonald’s mis à leur disposition et à le faire estampiller par le bibliothécaire chaque fois qu’ils empruntent un livre. Avec cinq cachets, l’enfant (ou l’ado) peut déjà se rendre dans le McDonald’s de son quartier et échanger le marque-page contre un deuxième (!) Happy Meal ou Mighty Kids Meal. Mieux encore, il peut aussi espérer gagner un sac à dos ou un chèque-cadeau de 20 $. Trop fort!

Le partenariat fut officialisé en grande pompe, la séance fut rehaussée de la présence d’Yvette Bing, l’épouse du maire de Detroit. Différentes photos furent prises pour immortaliser cet… euh… événement culturel et social majeur. Sur la photo ci-dessous, on voit les principaux protagonistes poser avec des enfants et ados à la mine enchantée (il ne manque que Mickey!). L’histoire ne dit toutefois pas si cette photo fut prise avant ou après la lobotomisation collective.

Je ne sais pas pourquoi, mais je ne me sens pas trop rassuré quand je lis la première phrase de la politique en matière de conflit d’intérêt de la Detroit Public Library :

Detroit Public Library (« DPL ») strives to maintain the highest ethical standards in all policies, procedures and programs and to avoid any conflict of interest.

Quant à leur code de déontologie, si je n’avais pas vu qu’il concernait bien une bibliothèque publique américaine, j’aurais à la rigueur pu penser qu’il s’agissait de celui de la bibliothèque nationale de Pyongyang :

The Organization has a clearly stated mission and purpose, approved by the Board of Commissioners in pursuit of the public good. All of its programs support that mission and all who work for or on behalf of the Organization understand and are loyal to that mission and purpose.

M’enfin, c’est vrai après tout que promouvoir directement la lecture, c’est bon pour le bien public. Promouvoir indirectement la malbouffe, moins me direz-vous.

Dernière info pour la route : le compte Twitter de McDonald’s compte plus de 34.000 followers. Et quand on voit la tête des gens qui composent la @McDonalds Twitter Team, on se dit que ces braves gens ne mangent certainement pas tous les jours sur leur lieu de travail.

Enfin, je suis peut-être trop pessimiste. Peut-être ce partenariat contre nature (?) permettra-t-il à la bibliothèque de faire quelques acquisitions documentaires complémentaires. Que direz-vous de :

  • L’obésité pour les nuls
  • Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le cholestérol sans jamais le demander
  • Comment se remettre d’un AVC
  • Brocoli, mon ennemi !

Sources :

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Pareille immixtion de poids lourds du secteur privé dans le non-marchand me laisse toujours très perplexe (je parle bien de poids lourds, de rouleaux compresseur commerciaux, et non de sociétés plus modestes qui ne brassent pas des milliards). Et ce que je ne comprends surtout pas, c’est qu’il y a des gens qui applaudissent des deux mains et qui donc y voient quelque chose de positif pour les jeunes ! Ca me dépasse complètement.

Ceux qui ne sont pas encore pleinement dégoûtés, (re)lirons aussi avec beaucoup d’intérêt l’article « Libérer l’école de la pub » du politologue Paul Ariès paru dans Libération le 8 septembre 2003 :

Le développement de la publicité à l’école est pourtant une abomination. Elle laisse croire aux enfants que le bonheur serait dans la consommation. Comme si posséder dix paires de baskets permettait de courir dix fois plus vite. Plus grave encore : elle donne l’illusion qu’il serait possible de compenser les carences narcissiques et la perte des repères par la consommation de produits de marques qui fonctionnent comme des identités de substitution : on a des enfants Nike, Coca-Cola, etc. L’Etat ouvre parallèlement l’accès de l’école aux entreprises sous prétexte de développer le partenariat : mallettes pédagogiques (Nestlé fait la publicité de son chocolat en poudre Nesquick et de ses céréales sous prétexte de présenter un petit-déjeuner équilibré, Kellogs poursuit ses opérations en maternelle, Colgate-Signal propose une éducation au brossage des dents, Danone a conçu un coffret pédagogique « alimentation plaisir », etc.), sponsoring (McDonald’s, Coca-Cola, Leclerc, etc.), encarts publicitaires dans les plaquettes des établissements, journaux gratuits truffés de pub déposés dans les écoles…

Conservation partagée…

[étude de cas #2]

Confrontées de plus en plus à un manque de place criant, les quatre BU de la région de Nouvelle-Champagne (1) ont décidé de mettre en place un plan de conservation partagée de plusieurs de leurs périodiques scientifiques.

Pour déterminer quels titres seraient concernés par une première opération prévue pour le second semestre de 2011, il a été décidé de se concentrer exclusivement sur :

  • des titres morts depuis au moins 15 ans,
  • liés aux domaines de la santé humaine, des sciences de la terre, de l’architecture et de la philosophie.

Soit un total de 452 titres de périodiques. Cette initiative de conservation partagée entre les quatre BU est soutenue et même vivement encouragée par les autorités académiques respectives. Les conditions de conservation des titres définies dans l’accord de partenariat entre BU sont très strictes. Une BU devient en charge de la conservation d’un titre pour une durée de 10 ans, elle n’en deviendrait propriétaire qu’après 20 ans (2 x 10 ans). Si nécessaire, les autres BU doivent lui envoyer les numéros manquant afin que la collection de conservation soit la plus complète possible. Une BU ne pourrait exceptionnellement se défaire d’une collection dont elle a la charge que si une autre BU partenaire dans le cadre du projet était prête à en accepter la conservation. Le fait qu’une BU soit désignée comme lieu de conservation du titre X n’oblige nullement les autres BU à se défaire du reliquat de leurs collections de ce titre.

De nombreux critères entrent en ligne de compte pour déterminer quelle BU conservera l’intégralité d’une collection et en assurera officiellement la conservation pour une durée de 10 ans. Parmi les plus importants, on trouve notamment :

(1) la quantité déjà présente dans l’une des BU : afin d’éviter d’importants transferts, la BU qui possède déjà la plus grosse partie d’une collection aura la priorité quant à la conservation de l’ensemble de la collection ;

(2) l’adéquation entre un titre et les spécialisations des universités : un périodique de dermatologie ne sera pas conservé en priorité dans une université qui n’a pas de faculté de médecine, une revue de géologie sera plus logiquement conservé dans la bibliothèque d’une université où l’on enseigne les sciences de la terre, etc. ;

(3) l’usage qu’est fait d’un titre dans chacune des BU : les titres des réserves dont des numéros auront été demandés ou prêtés une seule fois (ou pas du tout) entre 2005 et fin 2010 seront considérés comme peu  prioritaires et donc plus facilement cédables à une autre BU partenaire.

À l’Université de Champs-aux-Iris, suite à des regroupements et partenariats établis avec d’autres universités de la région de Nouvelle-Champagne, la filière d’architecture avait progressivement été déplacée dans une université voisine. Le déménagement était presque achevé.

Féru d’architecture et d’histoire urbanistique du XXe siècle, Arsène Burma, conservateur à la BU de l’Université de Champs-aux-Iris, craignait de voir partir dans une autre bibliothèque plusieurs collections de périodiques en lien avec l’architecture, le patrimoine architectural, la rénovations urbaine, le design architectural, etc. Ne pouvant influer sur l’adéquation entre une collection et les enseignements de son Institution (critère 2), il se résolut à travailler sur d’autres critères. Il essaya d’accroître ses collections d’architecture en comblant ses lacunes et récupérant des doubles cédés par d’autres bibliothèques et centres de documentation (notamment au moyen des listes EUROBACK, Dubletten-L, BackServ). Ce faisant, il modifiait le poids et l’importance des propres collections d’architecture de sa BU (critère 1). Il veilla aussi à une utilisation plus fréquente de ses collections d’architecture (critère 3) en mettant des exemplaires de collections particulièrement peu usitées en prêt sur sa propre fiche lecteur, mais aussi sur des fiches de lecteurs fictifs qu’il avait créées pour la circonstance. Travaillant sur les critères 1 et 3, Arsène Burma espérait ainsi conserver dans sa BU un maximum de collections d’architecture, voire récupérer des collections des BU impliquées dans le projet de conservation partagée.

(1) Lieu imaginaire

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Questions à débattre et ruminer

(1) Le comportement du conservateur et les moyens mis en œuvre vous semblent-ils (en partie) justifiés ?

(2) Pouvez-vous envisager avoir recours à des astuces similaires dans votre propre bibliothèque si une situation semblable devait se présenter, si vous aviez l’impression que les fonds dont vous êtes responsable étaient « menacés »?

(3) Dans la mesure où le supérieur hiérarchique du conservateur et/ou le responsable du projet interbibliothèques de conservation partagée devaient avoir vent des initiatives du conservateur, quelles mesures devraient selon vous êtres prises ?

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Certaines interventions et discussions entendues lors de la journée professionnelle « Mutualisation et coopération dans le cadre de la conservation partagée » organisée ce 30 mars 2010 au Centre Technique du Livre de l’enseignement supérieur (CTLes) (Marne la Vallée) sont directement à l’origine du contenu de ce billet.