Um … about that American Libraries article we wrote

Un article soumis à « American Libraries » qui a fait l’objet d’une adaptation de contenu (ajout d’une citation d’un responsable de Gale/Cengage) avant publication, sans que les auteurs n’en aient été avertis… Pas très correct, tout cela… :-/

Stewart Varner

As a professional rule, I try to keep things positive. I like to be a cheerleader for all the great people out there and avoid boosting the signal on a bunch of negativity.

However, situations compel me to devote this one post to something totally crappy.

TL;DR: Patricia Hswe and I wrote an article for American Libraries and the editors added some quotes from a vendor talking about their products without telling us. We asked them to fix it and they said no.

Because American Libraries refused to clarify what happened, we decided to clarify it ourselves. What follows is our second (and hopefully happier) attempt at collaborative writing. This little blog does not have quite the reach of that big glossy magazine so please feel free to share as widely as you want. As always, let me know if you have any questions!

svarner@email.unc.edu  ||  @stewartvarner

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Citation sur commande dans les publications scientifiques : une étude aux résultats édifiants !

Il peut malheureusement arriver que des chercheurs ayant soumis un article à une revue scientifique se voient retourner leur contribution avec, comme demande de correction de la part de l’éditeur (editor), l’ajout de citations bibliographiques complémentaires d’articles de périodiques publiés par le même éditeur commercial (publisher). L’objectif étant ainsi d’augmenter artificiellement l’importance et l’impact de ces revues citées sur commande et ainsi de faire gonfler notamment le facteur d’impact (IF), dont les limites et la tyrannie ne sont plus à démontrer (certains l’ont même fait avec beaucoup d’humour). Si l’auteur ne se soumet pas à cette « invitation » à ajouter des citations, il risque tout bonnement de voir son texte refusé. Ainsi, le message ci-dessous a été adressé par l’éditeur de la revue Leukemia à l’auteur d’un article envoyé pour publication :

Manuscripts that have been published in Leukemia are too frequently ignored in the reference list of newly submitted manuscripts, even though they may be extremely relevant. […] We have noticed that you cite Leukemia [once in 42 references]. Consequently, we kindly ask you to add references of articles published in Leukemia to your present article.

Smith, R. (1997). Journal accused of manipulating impact factor. BMJ 1997; 314:461.5. doi: 10.1136/bmj.314.7079.461d

On trouvera d’autres exemples tout aussi écœurants dans un article publié en 2010:
Macdonald, S., Kam, J. (2010). Counting footnotes: Citability in management studies. Scandinavian Journal of Management, 26(2): 189-203. doi: 10.1016/j.scaman.2010.01.003

En gros, à côté du « perish or publish », les chercheurs peuvent également parfois se retrouver confrontés au « add citations or risk rejection ». Si le phénomène est bien connu des chercheurs, son ampleur vient d’être objectivée et analysée par deux chercheurs de l’Université d’Alabama qui ont mené une enquête sur ce phénomène des citations « obligatoires ». Ils ont récolté 6672 réponses de chercheurs en économie, gestion, sociologie et psychologie. Les résultats, publiés dans un numéro de Science de février 2012, sont tout bonnement édifiants !

Le graphique ci-dessous illustre le pourcentage de répondants à l’enquête

  • qui ont déjà subi des demandes d’ajouts de citations (env. 20%) (colonne 1),
  • qui sont conscients de l’existence de cette pratique (env. 45%) (colonne 2),
  • qui pensent que c’est une procédure inappropriée (86%) (colonne 3),
  • qui pensent que ces demandes réduisent le prestige d’un journal (81%) (colonne 4),
  • qui seraient moins enclins à soumettre un papier à un périodique où ces pratiques existent (64%) (colonne 5),
  • qui ajouteraient d’emblée des citations du journal avant même de soumettre leur article (57%) (colonne 6). [A mon sens, le chiffre le plus interpellant !]

Le pourcentage de périodiques (analysés dans le cadre de cette étude) où ces pratiques existent est également représenté : 175 périodiques sur 832, soit 21% (colonne 7).

Parmi les 6672 répondants à l’enquête, et pour la période des cinq dernières années, 519 chercheurs ont reconnu avoir subis des pressions une fois pour l’ajout de citations. Pour 390, ce fut deux fois et trois fois pour 176 autres chercheurs… Dans la majorité des cas (593), le nombre de citations de complaisance à ajouter dans l’article soumis n’était pas spécifié. Dans 56 cas, il ne fallait ajouter qu’une seule citation, dans 144 cas deux citations, dans 178 cas trois citations, dans 59 cas quatre citations et dans 128 cas cinq citations. Pour 35 chercheurs, il leur avait été demandés d’ajouter jusqu’à huit citations ou plus…

L’enquête a également mis d’autres faits en avant (voir le tableau ci-dessous). Par exemple que les maîtres-assistants et les maîtres de conférence avaient plus de chance, respectivement 5,5% et 4,3%, que les professeurs (pris comme base de calcul) d’être victimes de demandes d’ajout de citations de complaisance. De plus, à chaque co-auteur supplémentaire, on constate qu’il y a 2% de chance en plus d’échapper aux demandes d’ajout, sans doute car les rédacteurs et éditeurs en chef trouvent-ils plus facile d’influencer de plus petits groupes de co-auteurs.

Autre fait relevé, par rapport à l’économie (discipline prise comme base de calcul), c’est surtout dans les domaines relevant des sciences de gestion (marketing, management, finance, systèmes d’information et comptabilité) que les auteurs courent le plus de risques. Beaucoup moins par contre en sociologie et en psychologie. Enfin, si l’on compare les différents types d’éditeurs en prenant les presses universitaires comme base, il est désormais prouvé que les éditeurs commerciaux et les sociétés savantes ont des approches plus coercitives.

Ces pratiques sont tout bonnement écœurantes ! Vu la charge financière que constituent les abonnements de périodiques scientifiques pour les bibliothèques universitaires et les centres de recherche, on se serait attendu à un peu plus de correction de la part des éditeurs et rédacteurs en chef, chercheurs eux aussi… Bien sûr, tous ne sont pas à mettre dans le même panier – loin s’en faut ! – et l’on se gardera bien de jeter l’opprobre sur toute cette profession !! Je serais personnellement très intéressé de voir circuler sur la toile la liste des titres périodiques concernés et de ces éditeurs en chef à la déontologie limitée… Double jeu, doubles risques ! Le monde scientifique y gagnerait à dénoncer ces pratiques avec plus de vigueur. Retirer d’emblée toutes les auto-citations (des auteurs et des articles publiés dans le même périodique) des calculs des indices bibliométriques (dont l’IF) amènerait sans doute à réduire fortement le nombre de citations de complaisance ou mises sur commande.

Source :
Wilhite, A.W., Fong, E.A. (2012). Coercive Citation in Academic Publishing. Science, 335(6068), 542-543. doi: 10.1126/science.1212540

McDonald’s & les bibliothèques : I’m vomitin’ it

Voilà bien une surprenante nouvelle! La Detroit Public Library (DPL) et McDonald’s ont annoncé la semaine passée un partenariat dont l’objectif avoué est d’inciter les enfants à lire plus.

Que voilà un noble sentiment ! Du social à 100% et aucune arrière-pensée mercantile, pour sûr !  Melvin Jones, directeur de deux restaurants McDonald’s, a même des mots qui feraient presque passer Mère Teresa pour une vile opportuniste :

Reading is very important. Reading is fundamental to life. As we all say, the more you know, the further you go. We want our kids to understand that if they read, they will be successful. They will be successful in their careers. We’re just trying to show our kids how important reading is.

Et il en remet une couche :

Nowadays, it’s crucial for kids to understand that reading provides the key to a better life. Our goal is to show them that besides being important to their education, reading can be a whole lot of fun.

Il n’y a pas à dire : tant d’abnégation force le respect ! Mais de quoi s’agit-il au juste? Le programme Livres et sacs à dos (Books and Backpacks) est prévu jusque fin 2010 et propose différents incitants afin que les enfants empruntent plus de livres à la  bibliothèque publique principale de Detroit ou dans l’une de ses 23 succursales. Les enfants sont invité à prendre un marque-page McDonald’s mis à leur disposition et à le faire estampiller par le bibliothécaire chaque fois qu’ils empruntent un livre. Avec cinq cachets, l’enfant (ou l’ado) peut déjà se rendre dans le McDonald’s de son quartier et échanger le marque-page contre un deuxième (!) Happy Meal ou Mighty Kids Meal. Mieux encore, il peut aussi espérer gagner un sac à dos ou un chèque-cadeau de 20 $. Trop fort!

Le partenariat fut officialisé en grande pompe, la séance fut rehaussée de la présence d’Yvette Bing, l’épouse du maire de Detroit. Différentes photos furent prises pour immortaliser cet… euh… événement culturel et social majeur. Sur la photo ci-dessous, on voit les principaux protagonistes poser avec des enfants et ados à la mine enchantée (il ne manque que Mickey!). L’histoire ne dit toutefois pas si cette photo fut prise avant ou après la lobotomisation collective.

Je ne sais pas pourquoi, mais je ne me sens pas trop rassuré quand je lis la première phrase de la politique en matière de conflit d’intérêt de la Detroit Public Library :

Detroit Public Library (« DPL ») strives to maintain the highest ethical standards in all policies, procedures and programs and to avoid any conflict of interest.

Quant à leur code de déontologie, si je n’avais pas vu qu’il concernait bien une bibliothèque publique américaine, j’aurais à la rigueur pu penser qu’il s’agissait de celui de la bibliothèque nationale de Pyongyang :

The Organization has a clearly stated mission and purpose, approved by the Board of Commissioners in pursuit of the public good. All of its programs support that mission and all who work for or on behalf of the Organization understand and are loyal to that mission and purpose.

M’enfin, c’est vrai après tout que promouvoir directement la lecture, c’est bon pour le bien public. Promouvoir indirectement la malbouffe, moins me direz-vous.

Dernière info pour la route : le compte Twitter de McDonald’s compte plus de 34.000 followers. Et quand on voit la tête des gens qui composent la @McDonalds Twitter Team, on se dit que ces braves gens ne mangent certainement pas tous les jours sur leur lieu de travail.

Enfin, je suis peut-être trop pessimiste. Peut-être ce partenariat contre nature (?) permettra-t-il à la bibliothèque de faire quelques acquisitions documentaires complémentaires. Que direz-vous de :

  • L’obésité pour les nuls
  • Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le cholestérol sans jamais le demander
  • Comment se remettre d’un AVC
  • Brocoli, mon ennemi !

Sources :

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Pareille immixtion de poids lourds du secteur privé dans le non-marchand me laisse toujours très perplexe (je parle bien de poids lourds, de rouleaux compresseur commerciaux, et non de sociétés plus modestes qui ne brassent pas des milliards). Et ce que je ne comprends surtout pas, c’est qu’il y a des gens qui applaudissent des deux mains et qui donc y voient quelque chose de positif pour les jeunes ! Ca me dépasse complètement.

Ceux qui ne sont pas encore pleinement dégoûtés, (re)lirons aussi avec beaucoup d’intérêt l’article « Libérer l’école de la pub » du politologue Paul Ariès paru dans Libération le 8 septembre 2003 :

Le développement de la publicité à l’école est pourtant une abomination. Elle laisse croire aux enfants que le bonheur serait dans la consommation. Comme si posséder dix paires de baskets permettait de courir dix fois plus vite. Plus grave encore : elle donne l’illusion qu’il serait possible de compenser les carences narcissiques et la perte des repères par la consommation de produits de marques qui fonctionnent comme des identités de substitution : on a des enfants Nike, Coca-Cola, etc. L’Etat ouvre parallèlement l’accès de l’école aux entreprises sous prétexte de développer le partenariat : mallettes pédagogiques (Nestlé fait la publicité de son chocolat en poudre Nesquick et de ses céréales sous prétexte de présenter un petit-déjeuner équilibré, Kellogs poursuit ses opérations en maternelle, Colgate-Signal propose une éducation au brossage des dents, Danone a conçu un coffret pédagogique « alimentation plaisir », etc.), sponsoring (McDonald’s, Coca-Cola, Leclerc, etc.), encarts publicitaires dans les plaquettes des établissements, journaux gratuits truffés de pub déposés dans les écoles…

Conservation partagée…

[étude de cas #2]

Confrontées de plus en plus à un manque de place criant, les quatre BU de la région de Nouvelle-Champagne (1) ont décidé de mettre en place un plan de conservation partagée de plusieurs de leurs périodiques scientifiques.

Pour déterminer quels titres seraient concernés par une première opération prévue pour le second semestre de 2011, il a été décidé de se concentrer exclusivement sur :

  • des titres morts depuis au moins 15 ans,
  • liés aux domaines de la santé humaine, des sciences de la terre, de l’architecture et de la philosophie.

Soit un total de 452 titres de périodiques. Cette initiative de conservation partagée entre les quatre BU est soutenue et même vivement encouragée par les autorités académiques respectives. Les conditions de conservation des titres définies dans l’accord de partenariat entre BU sont très strictes. Une BU devient en charge de la conservation d’un titre pour une durée de 10 ans, elle n’en deviendrait propriétaire qu’après 20 ans (2 x 10 ans). Si nécessaire, les autres BU doivent lui envoyer les numéros manquant afin que la collection de conservation soit la plus complète possible. Une BU ne pourrait exceptionnellement se défaire d’une collection dont elle a la charge que si une autre BU partenaire dans le cadre du projet était prête à en accepter la conservation. Le fait qu’une BU soit désignée comme lieu de conservation du titre X n’oblige nullement les autres BU à se défaire du reliquat de leurs collections de ce titre.

De nombreux critères entrent en ligne de compte pour déterminer quelle BU conservera l’intégralité d’une collection et en assurera officiellement la conservation pour une durée de 10 ans. Parmi les plus importants, on trouve notamment :

(1) la quantité déjà présente dans l’une des BU : afin d’éviter d’importants transferts, la BU qui possède déjà la plus grosse partie d’une collection aura la priorité quant à la conservation de l’ensemble de la collection ;

(2) l’adéquation entre un titre et les spécialisations des universités : un périodique de dermatologie ne sera pas conservé en priorité dans une université qui n’a pas de faculté de médecine, une revue de géologie sera plus logiquement conservé dans la bibliothèque d’une université où l’on enseigne les sciences de la terre, etc. ;

(3) l’usage qu’est fait d’un titre dans chacune des BU : les titres des réserves dont des numéros auront été demandés ou prêtés une seule fois (ou pas du tout) entre 2005 et fin 2010 seront considérés comme peu  prioritaires et donc plus facilement cédables à une autre BU partenaire.

À l’Université de Champs-aux-Iris, suite à des regroupements et partenariats établis avec d’autres universités de la région de Nouvelle-Champagne, la filière d’architecture avait progressivement été déplacée dans une université voisine. Le déménagement était presque achevé.

Féru d’architecture et d’histoire urbanistique du XXe siècle, Arsène Burma, conservateur à la BU de l’Université de Champs-aux-Iris, craignait de voir partir dans une autre bibliothèque plusieurs collections de périodiques en lien avec l’architecture, le patrimoine architectural, la rénovations urbaine, le design architectural, etc. Ne pouvant influer sur l’adéquation entre une collection et les enseignements de son Institution (critère 2), il se résolut à travailler sur d’autres critères. Il essaya d’accroître ses collections d’architecture en comblant ses lacunes et récupérant des doubles cédés par d’autres bibliothèques et centres de documentation (notamment au moyen des listes EUROBACK, Dubletten-L, BackServ). Ce faisant, il modifiait le poids et l’importance des propres collections d’architecture de sa BU (critère 1). Il veilla aussi à une utilisation plus fréquente de ses collections d’architecture (critère 3) en mettant des exemplaires de collections particulièrement peu usitées en prêt sur sa propre fiche lecteur, mais aussi sur des fiches de lecteurs fictifs qu’il avait créées pour la circonstance. Travaillant sur les critères 1 et 3, Arsène Burma espérait ainsi conserver dans sa BU un maximum de collections d’architecture, voire récupérer des collections des BU impliquées dans le projet de conservation partagée.

(1) Lieu imaginaire

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Questions à débattre et ruminer

(1) Le comportement du conservateur et les moyens mis en œuvre vous semblent-ils (en partie) justifiés ?

(2) Pouvez-vous envisager avoir recours à des astuces similaires dans votre propre bibliothèque si une situation semblable devait se présenter, si vous aviez l’impression que les fonds dont vous êtes responsable étaient « menacés »?

(3) Dans la mesure où le supérieur hiérarchique du conservateur et/ou le responsable du projet interbibliothèques de conservation partagée devaient avoir vent des initiatives du conservateur, quelles mesures devraient selon vous êtres prises ?

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Certaines interventions et discussions entendues lors de la journée professionnelle « Mutualisation et coopération dans le cadre de la conservation partagée » organisée ce 30 mars 2010 au Centre Technique du Livre de l’enseignement supérieur (CTLes) (Marne la Vallée) sont directement à l’origine du contenu de ce billet.

La neutralité à quel prix ?

Les bibliothécaires que nous sommes se doivent-ils d’observer la plus stricte neutralité dans le cadre de leur travail? D’aucuns pensent que oui, du moins en théorie, d’autres sont plus coulants. En pratique, la chose est bien entendu beaucoup moins aisée. Quelques citations et cas à envisager:

(1)

In policies about personal attire, exhibits, and meeting spaces, libraries must devise policies that are content-neutral. If religious or political groups are allowed to use space or facilities, then all religious or political groups are entitled the same privileges regardless of point of view. If dress rules allow religious or patriotic symbols, the privilege extends to all points of view. If the library has accepted a gift from the Methodist Church, must it also accept a gift from the Church of Scientology? Just as public television struggled with accepting sponsorship from the Ku Klux Klan, libraries may wish to avoid associations that may lead to controversy, but to do so requires content-neutral policies that govern other areas of library conduct.

Jean Preer, Library Ethics. Libraries Unlimited, 2008 (p. 180)

Une bibliothèque peut-elle interdire à ses employés d’afficher le port visible de tout signe distinctif d’ordre religieux ou philosophique mais autoriser ceux-ci à afficher des signes d’ordre plus politique (ou vice versa)?

Exemple: Quid si en octobre 2008, il aurait été interdit aux employées musulmanes de porter le foulard et autorisé d’arborer un pin’s pro-Obama?

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(2)

Keepers of books, keepers of print and paper on the shelves, librarians are keepers also of the records of the human spirit—the records of men’s watch upon the world and on themselves. In such a time as ours, when wars are amde against the spirit and its works, the keeping of these records is itself a kind of warfare. The keepers, whether they wish or not, cannot be neutral.

Archibald MacLeish, Of the Librarian’s Profession. Extrait de A Time to Speak, 1941,
réédité dans James R. Kreuzer, Lee Cogan (eds), Studies in Prose Writing
(alternate ed.). Holt, Rinehart and Winston, 1963 (p. 72).

Un véritable plaidoyer à l’engagement moral des bibliothécaires! Mais c’était durant une période sombre de notre histoire (1941, « such a time as ours »). Archibald MacLeish (1892-1982), avocat, écrivain et poète américain, fut également à la tête de la Bibliothèque du Congrès de 1939 à 1944.  Amené à ce poste grâce à de forts soutiens politiques, il fut l’un des principaux modernisateurs de la LC. J’aime beaucoup cette citation de MacLeish : elle sonne comme un avertissement, une mise en garde à l’étudiant, au bibliothécaire novice. Tout le texte Of the Librarian’s Profession résonne comme une ode au métier de bibliothécaire.

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(3)

Most librarians tend to avoid taking sides or entering into conflicts, perhaps out of pride that what they do benefits others. At the same time, many librarians have difficulty in maintaining their highly touted neutrality when information is being requested by those who may be perceived as somehow unsuitable.

Gerald R. Shields, « The FBI Creates An Awareness of Librarian Ethics: An Opinionated Historical Review » in F.W. Lancaster (ed.), Ethics and the Librarian. University of Illinois, Graduate School of Library and Information Science, 1991 (p. 26).

Les « somehow unsuitable » ne sont rien d’autre que les agents du FBI dans le cadre du Library Awareness Program des années 1980. On inviterait même à plus de désobéissance civique…

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(4)

Far more open are the social activists who argue that libraries cannot be neutral in the battle between right and wrong. The difficulty is, of course, in the definition of right and wrong. Sometimes this discussion takes subtle turns.

Herbert S. White, « Teaching Professional Ethics to Students of Library and Information Science » in F.W. Lancaster (ed.), Ethics and the Librarian. University of Illinois, Graduate School of Library and Information Science, 1991 (p. 37-38).

Écho à la citation d’Archibald MacLeish. Mais les bibliothécaires ne sont-ils pas souvent eux-mêmes ces fameux « social activists« ? Nous sommes généralement sensibles aux logiciels libres (et pas seulement dans le cadre professionnel). Beaucoup d’entre nous sont engagés dans le mouvement de l’Open Access (c’est même le cas dans mon institution).  La menace de l’ACTA a largement été relayée par de nombreux bibliothécaires (par exemple sur Bibliobesssion et sur S.I.Lex), etc. Ces exemples d’activisme ne sont selon moi pas opposables à la neutralité (certains y verront toutefois peut-être une contradiction dans les termes). Tout est question de proportion. Si la neutralité est importante dans notre métier, nous ne devons pas la brandir systématiquement pour nous abriter, comme un écran de protection et nous enfermer dans un carcan d’asexué politique (philosophique…).