Les bibliothécaires suisses et les logiciels libres

Comme l’an dernier, j’ai tout récemment encouragé les étudiant-e-s de 1ère année du Département Information documentaire de la Haute École de gestion de Genève (HEG-ID), qui suivent mon séminaire intitulé « Ethique professionnelle », à contribuer à notre blog, soit en commentant des contributions passées, soit en nous proposant de nouveaux billets.

L’un d’entre eux, Daniel SPARTI, nous a proposé le billet ci-dessous, que nous vous soumettons.

Michel Gorin

Billet proposé par Daniel SPARTI, étudiant de 1ère année, HEG Genève, Département ID

Précédemment (le 23.03.2010), la problématique des logiciels libres a déjà été brièvement évoquée.

Pour commencer, rappelons-nous ce qu’est un logiciel libre : il s’agit d’un logiciel qui, selon M. Richard Stallman (fondateur de la Free Stoftware Foundation), respecte quatre libertés fondamentales :

  1. La liberté d’exécuter le programme, pour tous les usages (liberté 0)
  2. La liberté d’étudier le fonctionnement du programme et de l’adapter à ses besoins (liberté 1)
  3. La liberté de redistribuer des copies, donc d’aider son voisin (liberté 2)
  4. La liberté d’améliorer le programme et de distribuer ses améliorations, pour en faire publier toute la communauté (liberté 3)

Pour résumer, disons que le logiciel libre se distingue de son pendant propriétaire (ou privateur) par le fait qu’il met à disposition son code source et permet donc de savoir ce qui se cache derrière le programme, en gros ce qu’on exécute réellement en pressant sur l’icône du logiciel. Ici, il est facile de dire que nous ne sommes pas des informaticiens, et que connaître le code source d’un programme de traitement de texte ne nous servira à rien. Alors, pourquoi abandonner une suite bureautique telle que Microsoft Office ?

Tout simplement, les bibliothèques sont porteuses d’un idéal d’échange d’informations, de liberté de pensée et d’expression, d’aide à une recherche qui permet de trouver les informations pertinentes dont l’utilisateur a besoin : cela passe par une libération vis-à-vis d’un géant tel que Google qui reste incontournable, mais dont la politique nébuleuse en matière d’information et de données personnelles ne semble pas cautionnée par un code d’éthique tel que celui de Bibliothèque Information Suisse (BIS : Association nationale suisse des professionnels de l’information documentaire).

Pourquoi, alors, ne pas pousser la cohérence plus loin en encourageant les logiciels libres et les licences libres, si les quatre libertés qui les caractérisent sont soutenues par la liberté d’information, un des premiers principes du code de BIS ? D’aucuns pourront toujours protester, disant avoir été contraints d’utiliser des logiciels propriétaires. Mais ici, il ne s’agit pas d’obliger les membres de BIS à se débarrasser de Microsoft Office, d’Adobe Reader et d’autres logiciels privateurs contre l’avis de leur hiérarchie, simplement d’encourager la défense du libre, ce qui n’est pas la même chose, vous en conviendrez.

Le principal argument en faveur des logiciels libres est donc une question d’éthique et de cohérence vis-à-vis du code adopté à l’unanimité par les membres de BIS : de nouveau, si les SID veulent donner une image de centres ouverts à tous les publics, où l’aide à l’information est encouragée, il vaut mieux opter pour une suite telle que LibreOffice, voire aller plus loin en abandonnant Microsoft Windows ou Mac et en passant à un système d’exploitation tel qu’Ubuntu ou Debian…

Bibliographie

BIBLIOTHÈQUE INFORMATION SUISSE, 2013. Code d’éthique BIS pour les bibliothécaires et les professionnels de l’information. 06.09.2013.

GNU IS NOT UNIX. Philosophie du projet GNU – Projet GNU – Free Software Foundation. gnu.org [en ligne]. [Consulté le 30.05.2015]. Disponible à l’adresse : https://www.gnu.org/philosophy/philosophy.html

UBUNTU. Entrez dans le monde GNU/Linux avec Ubuntu. doc.ubuntu-fr.org [en ligne]. [Consulté le 30.05.2015]. Disponible à l’adresse : https://doc.ubuntu-fr.org/initiation

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3 réflexions sur “Les bibliothécaires suisses et les logiciels libres

  1. Pingback: Les bibliothécaires suisses et les logic...

  2. article intéressant merci 🙂

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  3. je confirme airmessoft

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