Promouvoir un code d’éthique, oui! mais comment?

Rédiger un code d’éthique ou déontologique est un travail compliqué en soi. Et même s’il est adapté d’un texte existant, la recherche du consensus qui fera que les professionnels s’y reconnaitront est un exercice d’équilibriste relativement ardu. Que penser d’une telle démarche si tout ce travail est inutile ? Si le seul moment où le code est évoqué, c’est lors de son adoption par l’Assemblée générale ?

Pour que ce document remplisse ses missions, il doit être vivant, consulté et sous-tendre les activités de l’association qui l’a adopté. Mais comment rendre cela possible alors qu’on le retrouve plus souvent bien enterré dans l’onglet A propos du site de ladite association ou accessible uniquement par une recherche pointue sur notre moteur de recherche préféré? Bref, comment promouvoir ce code et ses valeurs ? Cette question sera la première traitée, début février, par la Commission permanente nouvellement mise sur pied  par l’association Bibliothèque Information Suisse (BIS). Cela donne l’occasion d’émettre quelques idées pêchées à gauche ou à droite sur la question.

©h_pampel via Flickr CC BY-SA

Open Access Buttons / by h_pampel via Flickr
CC BY-SA

La première chose, même si ce n’est peut-être pas la plus efficace, est de le faire référencer sur le site de l’IFLA parmi tous les autres codes de fédération nationale. C’est toujours un point d’accès, même si ce n’est pas une vitrine grande ouverte. On y découvre d’ailleurs qu’un code d’éthique belge existe bel et bien… mais en flamand… (toutes mes excuses, mon but n’était pas de jeter de l’huile sur le feu).

Quelles sont les autres pistes à explorer pour mettre en avant un code ou une charte d’éthique ? Cet article donne une tentative de réponse en six points. C’est vrai, il traite d’un code d’entreprise, mais puisqu’on nous pousse de plus en plus à calquer nos méthodes de travail sur celles de l’entreprise, ne nous privons pas. Donc, en six points :

  • distribuer une copie à tous les employés : l’idée est bonne, convaincre ses membres collectifs de joindre une version du code aux documents reçus lors de l’entrée en fonction de leurs collaborateurs a le mérite d’assurer une bonne diffusion, mais pas encore de l’adopter ;
  • organiser des conférences : classique, mais encore faut-il que les gens se déplacent ;
  • inclure des bonus pour les employés ayant une attitude éthique : alors là… le coup de l’âne et du bâton fonctionne peut-être mais s’il devient un objet de compétition, ce n’est pas forcément gagné… ;
  • consulter les employés sur le code : élémentaire mon cher Watson…  mais rien de nouveau ;
  • permettre au public de commenter le code : Ah, ça devient intéressant ! A l’heure (déjà dépassée ?) des bibliothèques 2.0, un code d’éthique où chaque article pourrait être commenté par des professionnels ou le public semble être une idée à creuser ;
  • organiser une conférence de presse : si on arrive à faire se déplacer la presse pour une conférence de presse sur l’éthique dans les bibliothèques,à mon avis, c’est que le but de promotion est déjà atteint depuis longtemps.

D’autres idées, plus terre-à-terre, sont proposées par les agents immobiliers américains pour promouvoir leur code d’éthique (qui aurait cru à un tel rapprochement ?), en vrac, ils proposent : des badges, des banderoles, l’utilisation des réseaux sociaux, de vidéos, de posters, etc. Si ces supports promotionnels n’ont rien d’extraordinaire en eux-mêmes, on peut imaginer qu’un groupe tel que la Commission permanente de BIS identifie certains des points du Code d’éthique qui lui paraissent plus actuels, plus porteurs ou simplement plus fondamentaux puis les mette en forme sur ces supports. On peut imaginer voir fleurir derrière les guichets de prêt ou sur les sites web des bibliothèques suisses des slogans tels que Fournir un accès équitable, rapide, économique et efficace à l’information ou Toute personne a le droit d’accéder à l’information.

Si j’en crois ce petit tour d’horizon, être omniprésent auprès des membres, faire ressortir les éléments porteurs du code et permettre le débat par les professionnels et, soyons fous, le public sont des pistes à creuser. A bon entendeur…

Christophe Bezençon @chrisbezi

 

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5 réflexions sur “Promouvoir un code d’éthique, oui! mais comment?

  1. Article très intéressant avec de bonnes pistes. Voici celles qui me parlent particulièrement:

    Distribuer une copie du code aux nouveaux collaborateurs:en effet, je ne suis pas sûre que cela se fasse partout et personnellement, si l’on n’avait pas eu ce cours sur la déontologie, je ne saurais pas que les bibliothécaires ont un code. Personne ne m’en a parlé durant mes expériences professionnelles. Même si on se doute bien qu’il y a une éthique interne au métier avec des principes à respecter, savoir qu’il y a un document qui les met par écrit me semble intéressant lorsque l’on arrive dans un travail. En tout cas, c’est un document que j’aurai aimé recevoir.

    Mettre en place une politique de diffusion du code pour le grand public sur les réseaux sociaux me semble également une excellente idée. Cela nous permettrait une meilleure visibilité auprès de la population ainsi qu’une sensibilisation aux problématiques déontologiques auxquelles nous sommes confrontés, notamment dans des cas de censure. Cela lancerait des discussions qui nous serait bénéfiques car faire réagir autour de notre métier est un pas en avant pour une meilleure reconnaissance et une réflexion sur des lois nous concernant.

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  2. Avant de promouvoir et de diffuser ce code auprès du public il faudrait peut être s’assurer que toutes les bibliothèques (et donc les bibliothécaires) connaissent et comprennent ce code d’éthique. Je ne suis pas certaine que ce soit, malheureusement, le cas partout. Le distribuer en début d’engagement me semble une bonne idée. On serait ainsi sûrs que tous et toutes l’aient au moins une fois vu et lu…

    L’idée des badges et des banderoles est vraiment sympa, cela apporte un côté dynamique et neuf au concept de code d’éthique, qui souvent passe pour un élément vieux et redondant peut apprécié du public… Cela permet également, pour les bibliothécaires, d’aborder cet élément de façon plus ludique! Une idée à retenir je pense!

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  3. Après notre cours de déontologie professionnelle, il me semble que l’existence et la promotion d’un code d’éthique en bibliothèque sont essentielles. Pourtant, lors de mes expériences professionnelles, je n’en ai jamais eu connaissance… Et je m’interroge pourquoi !

    Peut-être serait-il utile de rappeler et de faire comprendre leur utilité concrètement, dans la vie de ceux qui l’utilisent ou seraient susceptibles de l’utiliser.
    Du coup, dans les solutions proposées, faire participer les collaborateurs -et le public- à la constitution et à la vie du code me semble être primordial, voire indispensable.
    Rappeler l’utilité concrète du code et le faire à la lumière de thèmes d’actualité, voilà qui serait intéressant comme promotion pour impliquer les utilisateurs !

    C’est en tous cas quelque chose qui me plairait et pourrait m’aider dans la vie professionnelle.

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  4. Un code déontologique est un instrument important pour une bibliothèque.
    Il sert à la fois à établir des règles et des droits pour tous les professionnels de la branche, mais aussi à résoudre des potentiels conflits qui pourraient se présenter.

    Promouvoir le code déontologique c’est donner une crédibilité à la profession, et montrer tous les aspects complexes que les bibliothécaires doivent gérer au quotidien.

    Il est important que les professionnels le connaissent, car ils en seront les principaux utilisateurs. Un effort important devrait être fait dans ce sens car manifestement les bibliothécaires ne sont souvent pas au clair avec son utilité et sa fonction.
    Les faire participer à sa création pourrait être un bon moyen de les impliquer et de les convaincre de le respecter et de le promouvoir.

    Il est aussi primordial que le publique le voit !
    Le code pourrait par exemple être affiché à l’accueil du centre de documentation, exposé sur le site web de l’institution ou pourquoi pas imprimé sur des flyers à distribuer.

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  5. Je pense réellement que l’option « permettre au public de commenter le code » offre une piste intéressante à suivre. Pourquoi ne pas y inclure une partie où l’usager pourrait indiquer ce qu’il attend de sa bibliothèque éthiquement parlant? Cela pourrait amener le public à réfléchir sur la question et donc sur le rôle des bibliothécaires. Ainsi les professionnels pourraient eux aussi se rendre compte des valeurs et attendes des usagers concernant leur profession. Des retours utiles à une campagne d’information ou de promotion par la suite, par exemple.

    Pour motiver les moins intéressés à réfléchir ce point ou tout simplement à se renseigner, il serait ludique de proposer des marques pages. Ces derniers pourraient être donnés lors des prêts et des citations tirées du code pourraient y figurer.

    Toutefois, je pense que l’idée qui mérite le plus de s’y attarder est la distribution d’un exemplaire aux nouveaux employés et pourquoi pas, directement aux usagers. Simple mais efficace. Pour mieux cibler le public, pourquoi ne pas donner une charte « complète » aux collaborateurs et un « résumé » au public? Ainsi on trouve un compromis satisfaisant au mieux les attentes et besoins des deux parties.

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