Bibliothécaire militant, bibliothécaire triomphant

Librarianship is not a building, or a collection. It is a conversation you are having.
R. David Lankes

The librarian must be the librarian militant before he can be the librarian triumphant.
Melvil Dewey

Pour certains bibliothécaires, c’est la société Google, sa puissance et sa technologie qui sonneront le glas de notre métier ; pour d’autres, c’est la révolution numérique dans son ensemble qui aura finalement raison de nous ; d’autres perçoivent la plus grande menace dans la diminution des crédits alloués aux bibliothèques ; d’autres enfin ont plutôt tendance à voir le danger en nous-mêmes, dans notre propre profession :

  • une force d’inertie, un immobilisme et une tendance au conservatisme qui caractérisent nombre de bibliothécaires ;
  • une difficulté à envisager et accepter les virages à 180% bien que ceux-ci s’avèrent nécessaires ;
  • une aversion, tantôt légère tantôt profonde, pour la technologie et les nouveautés ;
  • le fait de considérer l’usager plus comme un ennemi, ou à tout du moins comme un débile parasite, plutôt que comme une raison même de notre existence, etc. ;

On ne compte plus articles, billets de blogs et tweets qui dénoncent cet état d’esprit, ce marasme.
Fin octobre 2010, R. David Lankes a donné au Canada une conférence intitulée « The Librarian Militant, the Librarian Triumphant » où il met particulièrement l’accent sur le rôle actif des bibliothécaires eux-mêmes, et non des bibliothèques, dans la définition et l’évolution de leur propre avenir. R. David Lankes nous invite à devenir acteurs de notre futur, à nous engager et à devenir militants. Notre métier n’a vraiment d’avenir que si nous, bibliothécaires et les communautés que nous servons,  nous investissons, nous renouvèlerons et nous engageons dans l’après, dans ce qui sera. Il ne suffit pas de voir loin, mais de voir par delà les collines… Pour R. David Lankes, c’est seulement à cette condition que les bibliothécaires peuvent espérer avoir une influence positive les usagers (Lankes va jusqu’à parler de « membres »!) , donc par ricochet sur la société.

What will kill this profession is not ebooks, amazon, or Google. It will be a lack of imagination. An inability to see not what is, but what could be. To see only how we are viewed now, but not how that is only a platform for greatness. Librarianship is not a building, or a collection. It is a conversation you are having. A conversation that has lasted over nearly three millennia. A conversation handed down from generation to generation, culture to culture, great society to great society, epoch to epoch. Librarianship only ends if we stop this conversation – set in stone, transfer practice to golden idols. It only survives if we, librarians and the communities we serve, take it up, renew, refresh it, and constantly engage in what is next. It is in that conversation that we find what a triumphant librarian is. Someone who wakes to see a better day for their community, and works to make the next even better, and the next day after that.

Slides de la présentation : http://quartz.syr.edu/rdlankes/Presentations/2010/Alberta.pdf
Enregistrement : http://quartz.syr.edu/rdlankes/Pod/2010/Alberta.mp3

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3 réflexions sur “Bibliothécaire militant, bibliothécaire triomphant

  1. Pingback: Tweets that mention Bibliothécaire militant, bibliothécaire triomphant « biblioth|ê|thique -- Topsy.com

  2. Militant… comme poseur d’affiche à l’ump ou au ps voire pire comme en ex urss sous staline, ou militant hors les clous, qui dérangent, remet en question, crée du lien où on n’en attendait pas, a des idées que l’on n’avait pas programmées, les mains dans le cambouis et non la tête du tu m’as vu dans les colloques… hors du projet rigide qui ne sert qu’à décrocher des subventions, hors du politique qui dicte… telle est la question.

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  3. L’intervention de R. David Lankes ne laisse planer aucun doute: c’est le bibliothécaire qui, pour reprendre tes expressions, « crée du lien où on n’en attendait pas », « a des idées que l’on n’avait pas programmées », ouvre les yeux et fait ouvrir les yeux…!
    Sont-ils pour autant hors des clous ou dérangeants? Pas spécialement. On n’est pas dans des rapports de force avec une société statique ou un establishment, mais plutôt dans une lutte intraprofessionnelle où le plus dur est surtout de faire comprendre à de (trop) nombreux collègues qu’il y a tout simplement moyen de travailler autrement et nécessité de (se) réinventer. Et pour cela aussi, il faut aussi des colleurs d’affiches… 😉

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