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Journée d’études sur les bibliothèques et l’éthique
Ce vendredi 4 mai 2012 se tiendra à Saint-Cloud une journée d’études qui met en lien les bibliothèques et l’éthique : “Bibliothèques et transmissions des savoirs aujourd’hui : pour une éthique des savoirs créatifs ?“. Avec pour ambition de s’interroger sur les modes et les responsabilités d’accès aux savoirs et sur les contenus proposés dans la bibliothèque, les aspects suivants seront explorés dans le cadre de cette journée :
- les distinctions des savoirs et, plus avant, des savoirs “illégitimes” : la bibliothèque est-elle toujours un espace de transmission des savoirs savants? la question de l’assimilation floue de certains savoirs (populaires, savants, de masse…) ;
- la problématique de la traduction et de la production de littératures étrangères : quelles sources d’information ? quelles politiques d’acquisition? quelles valorisations des collections face aux problèmes liés à la circulation transnationale des textes et aux déséquilibres entre les différentes aires linguistiques et géographiques ;
- l’identification de la collection : comment faire une place à l’ailleurs et à l’indéfini au sein d’une collection éditoriale et d’une collection bibliothécaire ?
- le savoir et l’écrit : le livre comme vecteur privilégié du savoir et la place de la dimension multimédia, qui mobilise documents sonores, vidéos, sites internet (comme le Guichet du savoir) ;
- la question de l’apprentissage : quels dispositifs d’apprentissage créatifs en bibliothèque ? Comment animations, expositions, résidences d’auteurs, et plus largement action culturelle, peuvent-il participer de la construction d’un savoir ? le numérique : en quoi permet-il une migration créative et éthique de la connaissance ? La question notamment des publications scientifiques et de l’Open Access.
Cette journée d’études s’inscrit dans le cadre du projet “Savoirs créatifs, savoirs migrateurs”, relié au programme de recherche international “Éthiques de la Création” (2008-2014) piloté par Sylvie Dallet, professeure à l’Université de Versailles-Saint-Quentin, chercheuse au Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines (CHCSC) et présidente de l’Institut Charles Cros, et en collaboration avec le groupe de recherche “Livre : Création, Culture et Société” du CHCSC animé par Sylvie Ducas.
Programme de la journée
Matinée
9h : accueil des participants
9h30 : discours d’ouverture
- Christophe PAVLIDES (directeur Médiadix, Université Paris Ouest Nanterre La Défense)
- Sylvie DALLET (professeur des universités, chercheuse au CHCSC, coordinatrice « Savoirs créatifs ») et Sylvie DUCAS (maître de conférences à l’Université Paris-Ouest Nanterre La Défense, chercheuse au CHCSC)
10h/10h30 : Conférence inaugurale de Robert DAMIEN (philosophe, U. Paris-Ouest, sous réserve)
10h30/12h : Sauvegardes mémorielles, identités culturelles et archives du populaire : pour un engagement politique et citoyen (présidence : Sylvie DALLET)
Halat BISRI (historienne, Centre d’Histoire Culturelle des Sociétés Contemporaines – Université de Versailles-Saint-Quentin) : “Le “droit” de sauvegarde et de transmission du patrimoine éditorial au Liban“
Irène LANGLET (professeur des universités en littérature, Université de Limoges) : “Une médiathèque à la Bibliothèque Universitaire, entre divertissement et savoir”
Franck MICHEL (anthropologue, responsable de l’association Deroutes et Détours) : “L’aventure d’une petite bibliothèque rurale balinaise”
12h/12h30 : débat
12h30/14h : buffet
Après-midi
14h/15h30 : Valoriser et mesurer les outils : du codex à Internet, pour une information complexe (présidence : Sylvie DUCAS)
Fatima REUTLINGER (bibliothécaire, université Sophia Antipolis de Nice) : “Des bibliothèques des prisons à la Bibliotheca alexandrine“
Bernard KRESPINE (conservateur à la BnF) : “Les services d’information à distance : outils et futurs des pratiques de recherche ?”
Anne-Lise QUESNEL (historienne, Centre d’Histoire Culturelle des Sociétés Contemporaines – U. Versailles-Saint-Quentin) et Elise LASSONDE (conservatrice à la Bibliothèque et aux Archives nationales du Québec) : “Identification de la collection : faire une place à « l’ailleurs et à l’indéfini » au sein d’une collection éditoriale. L’exemple du Livre d’artiste“
15h30/16h : débat
16h/16h30 : pause café
16h30/18h : Table ronde animée par Sylvie DUCAS et Marie-Christine JACQUINET sur le thème : Ethique et créativité en bibliothèque
Avec la participation de :
- Benoit BERTHOU (maître de conférences en Sciences de l’information et de la Communication, directeur de la revue en ligne Comicalités)
- Annie METZ (conservatrice en chef de la bibliothèque Marguerite-Durand)
- Dominique TABAH (ancienne directrice générale du réseau des bibliothèques de Montreuil)
- Lucile TRUNEL (chef du Service de l’Action pédagogique, Délégation à la Diffusion Culturelle, Bibliothèque nationale de France)
18h/18h30 : débat
18h30 : Fin de la journée d’études. Pot de clôture
Télécharger les résumés des exposés.
Renseignements pratiques :
- Lieu : Pôle des Métiers du Livre de Saint-Cloud ; 11 avenue Pozzo-di-Borgo, 92210 Saint-Cloud
- Date : vendredi 4 mai 2012
- Site web : http://www.institut-charles-cros.eu/?p=2551
Contacts et inscriptions :
Attention, le nombre de places disponibles est limité !
La SABAM, grand méchant loup de la lecture publique ?
Selon les tarifs en vigueur à la SABAM, la société belge des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique, chaque bibliothèque est tenue de payer forfaitairement 12,39 EUR pour toute lecture publique gratuite d’une œuvre dont la SABAM gère les droits. A raison d’une lecture publique par semaine, cela fait près de 650 EUR par an… Un sacré budget pour faire découvrir des auteurs, partager des passions et aider les enfants à découvrir les joies de la lecture.
La bibliothèque municipale de Dilbeek en a des sueurs froides : avec l’aide de bénévoles, elle organise en effet toutes les deux semaines des lectures pour les enfants. Lourd pour une petite bibliothèque au budget modeste !
Relayée ce lundi matin par le quotidien flamand De Morgen et le site The Next Web, l’affaire fait le buzz sur la toile et les réseaux sociaux en particulier. A un point tel que la SABAM publie le jour même un communiqué de presse où elle précise qu’elle ne perçoit des droits d’auteur pour des lectures publiques d’oeuvres littéraires que si deux conditions sont remplies :
[L]’oeuvre doit être protégée, c’est-à-dire qu’elle n’appartient pas au domaine public (moins de 70 ans après le décès de l’auteur).
Par ailleurs, l’oeuvre doit avoir été écrite, traduite ou adaptée par un auteur qui a confié la gestion de ses droits à la SABAM.
Si ces deux conditions sont remplies, la SABAM percevra, conformément à sa mission, des droits d’auteur auprès de l’organisateur de cette lecture publique.
Dans le cas de la bibliothèque de Dilbeek, il semblerait à première vue qu’elle ne serait en réalité pas concernée puisque les lectures mises en cause seraient des lectures des contes de Grimm… Ce lundi 13 mars 2012, le quotidien ActuaLitté précise lui dans un article que :
[L]a SABAM avoue ne pas comprendre tout l’émoi que suscite l’article de De Morgen, qui part de plusieurs constats erronés. Jérôme Van Win [porte-parole de la SABAM], nous explique en effet, que l’article de nos confrères fait état d’un ouvrage, en lecture pour des enfants… signé des frères Grimm.
Et de nous préciser : “Il doit y avoir un malentendu incroyable dans cette histoire. Ces derniers sont morts au milieu du XIXe siècle. Cela fait plus de septante ans. Et comme vous le savez, leurs oeuvres relèvent du domaine public. Il aurait donc été tout à fait incongru de notre part de percevoir quelque argent que ce soit à la bibliothèque, pour un ouvrage du domaine public. Surtout que les frères Grimm n’ont jamais pu confier leurs droits à la SABAM“, ajoute-t-il non sans humour.
Sauf que justement, dans le cas-ci, il ne s’agit nullement de la lecture de versions originales des contes ou de traductions néerlandaises datant du 19e siècle ! Vous connaissez beaucoup de bibliothèques qui espéreraient sérieusement attirer de jeunes auditeurs en organisant exclusivement la lecture publique d’œuvres littéraires tombées dans le domaine public ? Les Contes de ma mère l’Oye, des extraits du Télémaque de Fénelon ou encore des Métamorphoses d’Apulée… ? Les œuvres plus récentes, comme les adaptations et les nouvelles traductions, sont bel et bien concernées par la redevance à la SABAM.
La SABAM aime à se présenter comme défenseur des auteurs et de leurs droits. Quoi de plus normal puisque c’est là une de ses missions premières… Mais, comme le souligne le billet “Us et coutumes de la SABAM, une fois encore“, venant de la part d’une société qui a été condamnée pour abus de position dominante dans sa politique de prix en 2001, a dû faire face en 2002 à des critiques du gouvernement belge sur l’opacité de sa gestion, a été soupçonnée de fraude en 2005 et a été inculpée pour fraude en 2007, il y a quand même quelque chose de pour le moins abracadabrantesque dans le fait de réclamer, légitiment, des droits d’auteur dans le cadre de séances de lecture publique…
Sources:
- 250 euros pour des lectures publiques, la Sabam va-t-elle trop loin ?, Le Soir, 13 mars 2012
- Belgian rightsholders group wants to charge libraries for READING BOOKS TO KIDS, The Next Web, 13 mars 2012
- Mise au point de la SABAM dans le cadre de la perception de droits d’auteur à des lectures publiques [communiqué de presse], 13 mars 2012
- Payer pour des lectures publiques en bibliothèque, la SABAM s’explique, PC INpact, 13 mars 2012
- SABAM : Percevoir des droits pour une lecture des frères Grimm… ActuaLitté, 13 mars 2012
- Sabam wil geld voor voorleesuurtje in bibliotheek, De Morgen, 13 mars 2012
- Us et coutumes de la SABAM, une fois encore, The Bing Bang Blog, 11 novembre 2011
Citation sur commande dans les publications scientifiques : une étude aux résultats édifiants !
Il peut malheureusement arriver que des chercheurs ayant soumis un article à une revue scientifique se voient retourner leur contribution avec, comme demande de correction de la part de l’éditeur (editor), l’ajout de citations bibliographiques complémentaires d’articles de périodiques publiés par le même éditeur commercial (publisher). L’objectif étant ainsi d’augmenter artificiellement l’importance et l’impact de ces revues citées sur commande et ainsi de faire gonfler notamment le facteur d’impact (IF), dont les limites et la tyrannie ne sont plus à démontrer (certains l’ont même fait avec beaucoup d’humour). Si l’auteur ne se soumet pas à cette “invitation” à ajouter des citations, il risque tout bonnement de voir son texte refusé. Ainsi, le message ci-dessous a été adressé par l’éditeur de la revue Leukemia à l’auteur d’un article envoyé pour publication :
Manuscripts that have been published in Leukemia are too frequently ignored in the reference list of newly submitted manuscripts, even though they may be extremely relevant. […] We have noticed that you cite Leukemia [once in 42 references]. Consequently, we kindly ask you to add references of articles published in Leukemia to your present article.
Smith, R. (1997). Journal accused of manipulating impact factor. BMJ 1997; 314:461.5. doi: 10.1136/bmj.314.7079.461d
On trouvera d’autres exemples tout aussi écœurants dans un article publié en 2010:
Macdonald, S., Kam, J. (2010). Counting footnotes: Citability in management studies. Scandinavian Journal of Management, 26(2): 189-203. doi: 10.1016/j.scaman.2010.01.003
En gros, à côté du “perish or publish”, les chercheurs peuvent également parfois se retrouver confrontés au “add citations or risk rejection”. Si le phénomène est bien connu des chercheurs, son ampleur vient d’être objectivée et analysée par deux chercheurs de l’Université d’Alabama qui ont mené une enquête sur ce phénomène des citations “obligatoires”. Ils ont récolté 6672 réponses de chercheurs en économie, gestion, sociologie et psychologie. Les résultats, publiés dans un numéro de Science de février 2012, sont tout bonnement édifiants !
Le graphique ci-dessous illustre le pourcentage de répondants à l’enquête
- qui ont déjà subi des demandes d’ajouts de citations (env. 20%) (colonne 1),
- qui sont conscients de l’existence de cette pratique (env. 45%) (colonne 2),
- qui pensent que c’est une procédure inappropriée (86%) (colonne 3),
- qui pensent que ces demandes réduisent le prestige d’un journal (81%) (colonne 4),
- qui seraient moins enclins à soumettre un papier à un périodique où ces pratiques existent (64%) (colonne 5),
- qui ajouteraient d’emblée des citations du journal avant même de soumettre leur article (57%) (colonne 6). [A mon sens, le chiffre le plus interpellant !]
Le pourcentage de périodiques (analysés dans le cadre de cette étude) où ces pratiques existent est également représenté : 175 périodiques sur 832, soit 21% (colonne 7).
Parmi les 6672 répondants à l’enquête, et pour la période des cinq dernières années, 519 chercheurs ont reconnu avoir subis des pressions une fois pour l’ajout de citations. Pour 390, ce fut deux fois et trois fois pour 176 autres chercheurs… Dans la majorité des cas (593), le nombre de citations de complaisance à ajouter dans l’article soumis n’était pas spécifié. Dans 56 cas, il ne fallait ajouter qu’une seule citation, dans 144 cas deux citations, dans 178 cas trois citations, dans 59 cas quatre citations et dans 128 cas cinq citations. Pour 35 chercheurs, il leur avait été demandés d’ajouter jusqu’à huit citations ou plus…
L’enquête a également mis d’autres faits en avant (voir le tableau ci-dessous). Par exemple que les maîtres-assistants et les maîtres de conférence avaient plus de chance, respectivement 5,5% et 4,3%, que les professeurs (pris comme base de calcul) d’être victimes de demandes d’ajout de citations de complaisance. De plus, à chaque co-auteur supplémentaire, on constate qu’il y a 2% de chance en plus d’échapper aux demandes d’ajout, sans doute car les rédacteurs et éditeurs en chef trouvent-ils plus facile d’influencer de plus petits groupes de co-auteurs.
Autre fait relevé, par rapport à l’économie (discipline prise comme base de calcul), c’est surtout dans les domaines relevant des sciences de gestion (marketing, management, finance, systèmes d’information et comptabilité) que les auteurs courent le plus de risques. Beaucoup moins par contre en sociologie et en psychologie. Enfin, si l’on compare les différents types d’éditeurs en prenant les presses universitaires comme base, il est désormais prouvé que les éditeurs commerciaux et les sociétés savantes ont des approches plus coercitives.
Ces pratiques sont tout bonnement écœurantes ! Vu la charge financière que constituent les abonnements de périodiques scientifiques pour les bibliothèques universitaires et les centres de recherche, on se serait attendu à un peu plus de correction de la part des éditeurs et rédacteurs en chef, chercheurs eux aussi… Bien sûr, tous ne sont pas à mettre dans le même panier – loin s’en faut ! – et l’on se gardera bien de jeter l’opprobre sur toute cette profession !! Je serais personnellement très intéressé de voir circuler sur la toile la liste des titres périodiques concernés et de ces éditeurs en chef à la déontologie limitée… Double jeu, doubles risques ! Le monde scientifique y gagnerait à dénoncer ces pratiques avec plus de vigueur. Retirer d’emblée toutes les auto-citations (des auteurs et des articles publiés dans le même périodique) des calculs des indices bibliométriques (dont l’IF) amènerait sans doute à réduire fortement le nombre de citations de complaisance ou mises sur commande.
Source :
Wilhite, A.W., Fong, E.A. (2012). Coercive Citation in Academic Publishing. Science, 335(6068), 542-543. doi: 10.1126/science.1212540
Cas vécus de censure dans les bibliothèques américaines
La liberté d’expression est un des chevaux de bataille des bibliothèques américaines. Une nouvelle publication de l’ALA en atteste : l’ouvrage True Stories of Censorship Battles in America’s Libraries rassemble une trentaine de cas vécus face à la censure, que celle-ci soit due à des lecteurs, des groupes de pression ou des bibliothécaires eux-mêmes. Parmi les textes, on retrouvera l’expérience de Matt Nojonen sur les soucis rencontrés à la bibliothèque publique de Palastaka (voir les billets « Rififi à Pataskala » et « Rififi à Pataskala (II) »).
Il est peu de situations aussi stressantes que les problèmes en lien avec la présence en rayon de livres controversés par les usagers ou la hiérarchie. Aussi, les expériences relatées de cet ouvrage ne pourront-ils sans doute qu’aider tout bibliothécaire, englué dans pareil conflit, à se sentir moins seul.
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Foreword, by Ellen Hopkins
Introduction
Part I: Sometimes We’re Our Own Worst Enemy: When Library Employees Are Censors
Chapter 1 Where There Once Was None (Lucy Bellamy)
Chapter 2 Well-Intentioned Censorship Is Still Censorship: The Challenge of Public Library Employees (Ron Critchfield and David M. Powell)
Chapter 3 If I Don’t Buy It, They Won’t Come (Peggy Kaney)
Chapter 4 Mixed-Up Ethics (Susan Patron)
Part II: How Dare You Recommend This Book to a Child: Reading Levels and Sophisticated Topics
Chapter 5 Clue-less in Portland (Natasha Forrester)
Chapter 6 Vixens, Banditos, and Finding Common Ground (Alisa C. Gonzalez)
Chapter 7 Long Live the King (Novels)! (Angela Paul)
Chapter 8 Parent Concern about Classroom Usage Spills Over into School Library (Laurie Treat)
Chapter 9 The Princess Librarian: An Allegory (Sherry York)
Chapter 10 The Complexity and Challenges of Censorship in Public Schools: Overstepping Boundaries, Cultivating Compassionate Conversations (Marie-Elise Wheatwind)
Part III: Not Only Boy Scouts Should Be Prepared: Building Strong Policies
Chapter 11 I Owe It All to Madonna (Lisë Chlebanowski)
Chapter 12 The Battle to Include (Gretchen Gould)
Chapter 13 Pornography and Erotica in an Academic Library (Michelle Martinez)
Chapter 14 Reasonable Accommodation: Why Our Library Created Voluntary Kids Cards (Matt Nojonen)
Part IV: When the Tribe Has Spoken: Working with Native American Collections
Chapter 15 Cultural Sensitivity or Censorship? (Susanne Caro)
Chapter 16 Developing the Public Library’s Genealogy Euchee/Yuchi Collection (Cathlene Myers Mattix)
Part V: Conversation + Confrontation + Controversy = Combustion: Vocal Organization and Publicly Debated Challenges
Chapter 17 32 Pages, 26 Sentences, 603 Words, and $500,000 Later: When School Boards Have Their Way (Lauren Christos)
Chapter 18 The Respect of Fear (Amy Crump)
Chapter 19 Sweet Movie (Sydne Dean)
Chapter 20 Censorship Avoided: Student Activism in a Texas School District (Robert Farrell)
Chapter 21 I Read It in the Paper (Hollis Helmeci)
Chapter 22 Uncle Bobby’s Wedding (James LaRue)
Chapter 23 A Community Divided (Kristin Pekoll)
Chapter 24 The Author Visit That Should Have Been (Karin Perry)
Chapter 25 One of Those Not So Hideous Stories of a Book Challenge (Kathryn Prestidge)
Part VI: Crime and Punishment: When Library Patrons Have Committed a Crime
Chapter 26 A Serial Killer Visits the Library (Paul Hawkins)
Chapter 27 Books, Bars, and Behavior: Censorship in Correctional Libraries (Erica MacCreaigh)
Part VII: Perhaps It Is Possible to Judge a Book by Its Cover: Displays
Chapter 28 The Ghost of Halloween Past (Kathy Barco)
Chapter 29 The Neophyte in the New Age (Rosemary J. Kilbridge)
Chapter 30 Gay Books Display Brings Out High School Faculty Prejudice (Nadean Meyer)
Chapter 31 Censorship Looms Over the Rainbow (Cindy Simerlink)
Créationnisme et Dessin intelligent classés en science?
Si un président d’université venait à demander officiellement à un directeur de bibliothèque que tous les documents avec les descripteurs Créationnisme et Dessin intelligent soient reclassés dans la section science, cette directive soulèverait-elle des problèmes d’ordre éthique ? C’est un peu le genre de question que Daniel CannCasciato s’est posée un jour lors d’une discussion avec un biologiste. Il découvrit bientôt que cette situation était loin d’être hypothétique puisqu’un cas semblable s’était passé en 1987 aux États-Unis : le directeur de la bibliothèque d’une université à fondement religieux (religious-based college) a un jour reçu un mémo de son président lui demandant de reclasser en section science des ouvrages créationnistes (1).
Shocking ! C’est sans doute ce à quoi a dû penser Daniel CannCasciato au début. Toutefois, en creusant un peu plus le sujet et en effectuant des recherches complémentaires, il a changé d’avis, considérant que dans certaines situations (précisément comme celle-ci), reclasser en science ce genre de documents est précisément conforme à l’éthique.Daniel CannCasciato présente, dans un article récemment paru dans le Cataloging & Classification Quarterly, les raisons qui l’ont amené à revoir sa position. Et l’un de ses arguments se base précisément sur un article du ALA Code of Ethics…
Les missions de ce genre d’établissement se basent souvent très nettement sur la Bible. Par ailleurs, leurs autorités sont très différentes de celles financées par des fonds publics. On s’en convainc aisément lorsque l’on retrouve dans les plans stratégiques de ces établissements des phrases comme par exemple :
The mission [...] is to teach men and women to live by biblical principles and to equip and empower them with character, skills, insight, and vision to lead the church and to impact society for Christ.
ou encore :
To this end all trustees and faculty members must be members of the undenominational fellowship of Christian churches and churches of Christ and must believe, without reservation, in the full and final inspiration of the Bible to the extent that to each of them it is the infallible Word of God [...]. The sixty-six books of the Old and New Testaments are fully inspired and without error and serve as God’s only written Word.
ou dans les programmes de cours, des descriptifs comme ici celui de la Bob Jones University :
Bachelor of Science Degree, Physics Major
The Physics major provides preparation for a career as a physicist [...]. While offering scientific andphilosophical refutation of the theory of evolution, our program teaches each course within a biblical creationist framework.
ou celui de celui de la Liberty University:
Center for Creation Studies
PURPOSE The purpose of the Center for Creation Studies is to promote the development of a consistentbiblical view of origins in our students. The Center seeks to equip students to defend their faith in the creation account in Genesis using science, reason, and the Scriptures.
[Les quatre citations ci-dessus sont extraites de l’article de Daniel CannCasciato.]
Or, le Code d’Ethique de l’ALA prévoit expressément dans son article VII que les bibliothécaires doivent pouvoir distinguer leurs convictions personnelles de leurs obligations professionnelles et qu’ils n’ont pas à interférer avec les objectifs de leurs institutions :
We distinguish between our personal convictions and professional duties and do not allow our personal beliefs to interfere with fair representation of the aims of our institutions or the provision of access to their information resources.
En conséquence de quoi, compte tenu du fait qu’il s’agissait ici justement d’un établissement de type religieux, la demande du directeur (qu’on l’aime ou non) n’entrait pas en contradiction avec le code d’éthique de l’ALA. Par contre, s’opposer à la requête parce qu’on la juge contraire à ses convictions philosophiques ou à l’état des connaissances scientifiques irait à l’encontre de l’article VII.
Conclusion : mieux vaut que vos convictions soient en adéquation avec les objectifs et missions de votre employeur… ou ne pas avoir d’article VII…

(1) Anderson, A. J. (1987): Memo from the President: Reclassify Creation Science Books. Library Journal, 112(19), 53-54.
Source :
CannCasciato, Daniel (2011): Ethical Considerations in Classification Practice: A Case Study Using Creationism and Intelligent Design, Cataloging & Classification Quarterly, 49(5), 408-427.
Résumé: This article re-visits a scenario from 1987: a university president required a library director to reclassify some materials into a science classification. The author looks at the prominence of the Code of Ethics of the American Library Association in the general library literature and in classification and cataloging practice literature. The issue of censorship is also discussed. The author then reviews classification for Creationism and Intelligent design and some decision making processes one could use when deciding on the professional ethics of such a request, concluding that in some cases the ethical action might indeed be to go ahead with the reclassification.
Mots-clefs: Code of Ethics of the American Library Association, decision making, professional conduct, professional ethics, classification
Cachez ce journal que je ne saurais voir
L’arrondissement de Newham est l’un des arrondissements de Londres les plus variés sur le plan ethnique. On y parle environ 150 langues différentes et de très nombreux résidents n’ont l’anglais que comme langue seconde.
Depuis des années, les bibliothèques publiques y proposent des journaux dans plusieurs douzaines de langues!
Apparemment, cette diversité ne plaisait pas à tous puisque les responsables ont récemment décidé de retirer des bibliothèques tous les journaux qui n’étaient pas en langue anglaise… Motifs? Le fait de ne pas maîtriser suffisamment bien l’anglais est un handicap dans la recherche d’un emploi et les journaux en langues étrangères ne favorisent pas l’intégration et la cohésion de la communauté. Le maire Robin Wales (Labour) considère même que retirer les journaux “encourageraient les gens à parler et à apprendre l’anglais”. Évidemment, le fait de supprimer autant de souscriptions pour des titres en urdu, hindi ou encore bengali permettra de réduire les dépenses, ce qui n’est peut-être pas mal vu à une époque où de nombreuses bibliothèques publiques britanniques se retrouvent menacées (subsides en baisse, mauvaise gestion, etc.). On peut au moins espérer que l’argent ainsi épargné pourra être réinvesti dans des projets visant à améliorer la maîtrise de l’anglais des allophones.
Autre pays, même volonté chez certains. À Steenokkerzeel, une commune du Brabant flamand, certains élus locaux se sont offusqués de voir la bibliothèque locale proposer des journaux en français.
Le conseiller indépendant Ronald Verslyppe y voit une forme de facilités déguisée (verdoken vorm van faciliteiten). Il ne comprend pas que des journaux belges francophones qui ont une ligne éditoriale anti-flamande (die anti-Vlaams gericht zijn) puissent être considérés comme éducatifs dans une commune flamande rurale comme Steenokkerzeel. L’élu Kurt Ryon (Klaver-N-VA) lui emboite le pas et précise qu’il préférerait que l’argent dépensé pour les journaux francophones soit plutôt consacré à des livres néerlandophones et francophones qui aient un intérêt éducatif pour les étudiants. Il ajoute que les lecteurs qui veulent vraiment lire un journal francophone peuvent le faire sur internet. Pour lui, il s’agit d’une dépense inutile (zinloze uitgave) et cela ne favorise pas l’intégration. Karel Goderis (Vlaams Belang) ajoute quant à lui qu’il ne voit aucun problème à ce que la bibliothèque propose des journaux internationaux (francophones) de qualité [sic].
L’échevin de la culture Erwin Verhaeren (CD&V) ne comprend pas cette agitation et considère que le choix des journaux proposés à la bibliothèque est de la responsabilité du bibliothécaire. L’échevin se bat contre la pensée unidimensionnelle. À ses yeux, le plurilinguisme reste un atout pour les Flamands, et non un désavantage ni une honte.
Réduction des dépenses (inutiles) et volonté d’intégration. Que ne ferait-on pas avec d’aussi nobles sentiments? Arguments passe-partout et éculés. Dans le cas anglais comme dans le cas flamand, la position des bibliothécaires n’est pas évidente. Si ceux-ci souhaitent coller au mieux aux besoins et attentes de leurs lecteurs, et si l’on part du principe que les journaux “étrangers” mis en cause avaient bien un lectorat justifiant leur acquisition par les bibliothèques, ils sont souvent mal armés pour faire face à des pressions politiques comme celles-là. La position de l’échevin CD&V est, elle, courageuse, une attitude trop peu mise à l’honneur du côté francophone… Après avoir mis de côté les journaux en langue étrangère, quelle est la prochaine étape?
Dans la série “moins de français, plus de néerlandais”, on n’oubliera pas qu’il y a presque dix ans, en 2002, la Région flamande a mis en application un nouveau décret relatif aux bibliothèques. Celui-ci n’était pas sans un impact particulier dans les communes à facilités: subsides contre quota linguistique à respecter (75% de livres néerlandophones contre 25% de livres dans d’autres langues, dont le français). Sur les six communes à facilités de la Région bruxelloise, seule la commune de Wemmel a accepté le deal, du moins officiellement, car dans la réalité, des livres francophones sont dissimulés dans les remises, invisibles au public, mais accessibles sur demande. L’objectif est bien de donner l’impression de respecter le quota officiel… Pour la commune flamande de Wemmel, avec 70% de francophones et 30% de néerlandophones, un quota linguistique inverse me laisse pour le moins dubitatif… À Linkebeek par contre, la commune a décidé de maintenir un équilibre 50% de livres francophone, 50% de livres néerlandophones:
Sources:
- Murray Wardrop: Council removes foreign language papers from libraries to encourage English speaking. The Telegraph, 11 mai 2011.
- Koen Merens: Franstalige kranten in bibliotheek zijn ‘verdoken faciliteiten’. Het Nieuwsblad, 16 février 2011
- Lucie Cruysmans: Verra-t-on des livres clandestins pour francophones? RTBF.be Info, 4 mars 2010
Cartographie des bibliothèques menacées au Royaume-Uni
Il y a quelques mois, les annonces de fermeture de bibliothèques anglaises, principalement pour des raisons financières, ont fait beaucoup de bruit. Véritable déferlante d’articles, interviews, billets, tweets… Depuis le 23 octobre 2010, le site Public Libraries News référence toutes les actualités et articles de presse anglais liés à la fermeture de bibliothèques, aux coupes budgétaires, à la diminution du personnel, etc., un travail impressionnant de la part de Ian Anstice, bibliothécaire dans le North West England.
Ainsi, ce 18 janvier 2011, ce ne sont pas moins de 395 bibliothèques qui sont menacées ou qui ont récemment été fermées, sans compter 45 bibliobus. Et comme une image vaut mieux qu’un long discours, Ian a eu l’excellente idée de marquer ces bibliothèques sur Google Maps.








