Les DRM, entre droits, restrictions et contrôle : (faux) problème ?

Nos abonnés l’auront peut-être remarqué : nous avons tout récemment encouragé les étudiants de 1ère année du Département Information documentaire de la Haute École de gestion de Genève (HEG-ID), qui suivent notre séminaire intitulé « Ethique professionnelle », à contribuer à notre blog, soit en commentant des contributions passées, soit en nous proposant de nouveaux billets.

Nombreux sont ceux qui ont joué le jeu, utilisant à cet effet les 90 minutes que nous avons mises à leur disposition dans le cadre de notre enseignement : vous pouvez lire leurs nombreux commentaires. Et l’un d’entre eux, Pablo CHENU, nous a proposé le billet ci-dessous, que nous vous soumettons.

Michel Gorin et Christophe Bezençon

Billet proposé par Pablo CHENU, étudiant de 1ère année, HEG Genève, Département ID

Vous n’êtes pas sans savoir que la question des Digital Rights Management (DRM) est une crainte de tout bibliothécaire et autre professionnel de la documentation qui se respecte. En effet, ce chiffrement des données restreint l’utilisation des documents numériques ayant un éditeur commercial en limitant leur nombre de consultations, ou de prêts. Articles de périodiques électroniques, eBooks, musiques, films, documents visuels sont victimes de ces cages virtuelles.

Mais quid des bibliothèques, me direz-vous. Comme le veut la tendance, les bibliothèques se modernisent, s’adaptent à l’ère du web 2.0 (enfin) et explorent le monde infiniment grand de la technologie et de la communication. Elles sont donc, pour des raisons d’abonnements et de budgets, confrontées aux documents électroniques dans toutes leurs formes. S’occupant de la gestion d’un patrimoine documentaire, les bibliothèques ont toujours bénéficié de privilèges concernant la transmission et la copie des ouvrages propriétaires, et se voient donc mises dans une situation floue par rapport aux droits de ces documents numériques et à leur utilisation logique au sein de ces établissements.

Que limitent exactement ces DRM ?

Afin de contrer toute utilisation abusive de leurs contenus et de protéger les auteurs et leurs droits, les grands éditeurs commerciaux d’ouvrages numériques ont décidé de limiter l’accès, le prêt, la diffusion et la copie de leurs publications. Ils se réservent, grâce à leurs chartes d’utilisation, le droit de supprimer, modifier ou, tout simplement, d’interdire l’accès aux documents achetés via leurs sites.

Quelles peuvent-être les devoirs éthiques du bibliothécaire face à cette mainmise sur les documents numériques ?

Selon le code d’éthique de Bibliothèque Information Suisse (BIS) : « Le professionnel de l’information a pour mission d’assurer l’accès à l’information à tous et […] rejette toute interdiction ou restriction de l’accès à l’information et aux idées. »

Si nous, futurs bibliothécaires, documentalistes et/ou archivistes, voulons respecter le code de déontologie, il nous faut donc essayer, par nos moyens, de lutter contre ces verrous.

Mais comment ?

Si la plupart des associations de bibliothécaires à travers le monde luttent contre ces mesures, il y en a qui vont jusqu’à protester et soutenir ces manifestations. On peut noter « Defectivebydesign » qui organise la journée internationale contre les DRM, qui se passait le 6 mai dernier. Sinon « April », qui est une association luttant pour la démocratisation et la diffusion du logiciel libre.

Il est donc primordial, je pense, de lutter contre ces DRM qui menacent le libre accès à l’information et qui donnent tout pouvoir sur les documents électroniques à leurs éditeurs.

En tant que professionnels, les outils à notre disposition sont l’information à nos proches et à notre entourage, la négociation avec ces éditeurs commerciaux et, éventuellement, le fait de rejoindre des associations comme celles citées ci-dessus et/ou de les soutenir financièrement.

Et toi ? Vas-tu rejoindre la lutte contre les DRM ?

Pour en savoir plus :  

https://defectivebydesign.org/

http://www.april.org/journee-internationale-contre-les-drm-edition-2014 

http://www.actualitte.com/usages/drm-le-6-mai-journee-internationale-de-lutte-contre-les-verrous-49752.htm

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3 réflexions sur “Les DRM, entre droits, restrictions et contrôle : (faux) problème ?

  1. Je pense que en tant que (futurs) professionnels, c’est de notre devoir de s’engager dans la lutte contre les DRM.

    Tout d’abord, pour ceux qui travaillent dans un service d’information documentaire, il faudrait sensibiliser les usagers face à ce problème à travers des expositions, des prospectus, des discussions… Nous sommes les premiers concernés et c’est à nous de lancer le mouvement.

    Concernant la huitième journée internationale contre les DRM, qui a eu lieu le 6 mai dernier, la campagne "Defectivebydesign" a mis au point des "HAZMAT suit graphics", images illustrant avec un certain humour comment les DRM nous atteignent dans notre quotidien. Elles sont disponibles à l’adresse : http://www.defectivebydesign.org/dayagainstdrm/#graphics.

    Et pour soutenir la cause, rien de plus simple, il suffit de partager ces images sur vos réseaux sociaux / blogs / sites web ! La balle est donc dans votre camp…

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  2. Pingback: Numérique | Pearltrees

  3. Les DRM rendent le produit payant moins attractif que le produit gratuit. Le modèle DRM n’a pas d’avenir. En revanche un modèle comme netflix a de l’avenir, un service de meilleure qualité que le piratage pour vraiment pas cher.

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